Le retour dès le départ !

Actuellement peu d’entreprises ont une vision proactive en matière de retour d’expatriation.

Discordance entre les attentes de l’expatrié et les réalités objectives :

Au niveau professionnel : l’entreprise ne lui offre pas toujours des opportunités à la hauteur de ses attentes. Il redevient souvent un salarié « lambda » alors qu’il jouissait d’une position spécifique dans la filiale avec des responsabilités plus variées ainsi qu’une autorité et une autonomie professionnelles accrues.

Dans quelle mesure l’entreprise pourra-t-elle lui proposer un poste suffisamment attractif et permettant de mettre à profit les nouvelles connaissances et expérience acquises pendant le temps de l’expatriation ?

De plus, dans notre environnement actuel, les restructurations d’entreprises se multiplient et aggravent la difficulté de réinsertion du collaborateur.

Sur le plan privé : l’expatrié a souvent idéalisé son pays d’origine et ses habitants (famille, bureau…) et la réalité peut devenir très décevante au retour.

Pertes des repères :

  • Pendant l’absence de l’expatrié, la société a nécessairement évolué, des services ont été redécoupés, des directions ont fusionné, l’organigramme et les repères dans l’entreprise ne seront de nouveau identifiables qu’après une période d’adaptation.
  • La réintégration familiale et sociale n’est pas simple, les personnes ont évolué, leur situation de famille aussi ; de nouveaux arrivants ont modifié le paysage social. Même si Internet et ses réseaux de communication instantanée contribuent à pallier le déracinement, la désorientation est un syndrome fréquent.
  • L’expatrié et sa famille ont souvent pris des habitudes d’un niveau de vie qu’ils ne pourront maintenir dans leur pays d’origine : accepter un statut moins privilégié sera fréquemment un « challenge ».
  • Et les enfants ? La réinsertion scolaire peut aussi être une source de frustration (niveau différent, moindre ouverture d’esprit et de culture au sein de l’établissement) ; en revanche, la question de la réinsertion familiale et sociale se pose de façon nettement moins cruciale du fait de l’omniprésence du « web » dans leur quotidien.
  • Si le (la) conjoint(e) a quitté son emploi pour suivre l’expatrié(e), sa réinsertion professionnelle ne se fera pas sans une remise à niveau voire une reconversion totale pour réussir son redémarrage professionnel .

Quelques suggestions pour éviter les situations dissonantes :

  • Préparer le retour dès le départ en appréhendant les options plausibles le plus précisément possible.
  • Parrainage au sein de l’entreprise pendant l’expatriation et au retour – un parrain pour faire « vivre » l’image de l’entreprise auprès de l’expatrié et l’aider dans sa réintégration. Dans la mesure du possible, on choisira un parrain ayant déjà une expérience de l’expatriation.
  • Check-list du retour d’expatriation : ce document, remis dès le départ mais aussi dès que le retour est prévu pourrait reprendre l’ensemble des points techniques et administratifs relatifs au retour et offrir des conseils pour chacun de ces points parce que l’accumulation de « détails » peut créer un gros problème de réadaptation :
  1. Check up médical,
  2. Déménagement (y compris transport de véhicule, re-immatriculation et retour au « bonus » acquis avant l’expatriation, traitement de l’importation d’objets, d’animaux, etc.
  3. Relogement (sortie de garde meuble, taxes locales, assurances, Edf, téléphone, etc.)
  4. Scolarité
  5. Protection sociale (réinscriptions, allocations familiales…)
  6. Modalités fiscales et financières (centre impôt, banques, investissements).

Brigitte SENECAL LEVASSEUR

Expatriate Services Adviser – Société des Pétroles SHELL

Dom SAUVE

Consultante International / Expatriés – VERSPIEREN BENEFITS

(Source : comité éditorial Verspieren benefits, Experts de la protection sociale à l’étranger)