La mobilisation chez les expatriés lors des dernières élections présidentielles

Nous avons effectué une enquête parmi le personnel français expatrié d’un groupe pétrolier international.

Sur les 64 réponses reçues, 47 confirment avoir voté, dont 5 par procuration.

17 expatriés n’ont pu accomplir leur devoir civique, pour des motifs divers.

Au Royaume-Uni

Deux bureaux de vote étaient proposés à Londres : l’un au Consulat de France, l’autre au Lycée français Charles-de-Gaulle (situé dans le même quartier). Les 12 réponses reçues furent unanimes quant au temps d’attente nécessaire pour accéder aux urnes dans la capitale britannique : entre 2 et 5 heures ! Certains expatriés, venus sur place avec de jeunes enfants, ont dû renoncer.

Une attente de 2 heures environ était également signalée à Dublin (1 seul bureau de vote), de surcroît sous la pluie !

Aux Pays-Bas

Sur 16 expatriés interrogés, répartis entre La Haye et Amsterdam, la moyenne du temps consacré à cette formalité à été de 45 minutes, trajet (à vélo) inclus.

A Oman & au Qatar

Le vote était organisé un dimanche qui est localement un jour ouvré… Par conséquent, les expatriés souhaitant voter devaient prendre un jour de congé, sans compter un déplacement parfois conséquent (350 km) entraînant des frais restant à leur charge.

A Singapour & à Kuala Lumpur

Un total de 6 expatriés ont été interrogés. Tous ont fait état d’une très bonne organisation du vote qui n’a suscité aucune « déperdition » dans leur emploi du temps de la journée.

A Sakhaline

Les 2 retours d’expérience sont similaires : Sakhaline dépendant de la circonscription de Moscou (située à 9 heures d’avion), il était impossible d’aller voter sauf prendre 2 jours de congé et  assumer les frais d’un tel déplacement.

En Chine

L’expatrié interrogé se trouvait dans la région de Ghanzhou (anciennement Canton) et a parcouru 350 kilomètres dans chaque sens pour remplir son devoir civique.

A quand le vote électronique pour les français de l’étranger ?

On constate qu’une part non négligeable (environ 26%) de la population française expatriée pour le compte de cette société n’a pas voté lors des élections présidentielles de 2007 pour raison administrative (inscription tardive sur les listes, non transmission du dossier…) ou simplement géographique (bureau de vote trop éloigné…).

La complexité ou lenteur des procédures administratives lors du déménagement hors France, l’éloignement géographique de certains sites par rapport au lieu habituel de vote à l’étranger, l’investissement nécessaire (temps, coût…), sont autant de freins à l’accomplissement du devoir civique des français hors de France.

Cette partie de la population française de l’étranger aurait sans doute voté, eût-elle disposé d’un outil pratique et sûr – par exemple un outil de vote électronique.

La mise en place de ce moyen efficace pour acheminer vers les urnes de la République les voix de nos compatriotes expatriés doit désormais être une priorité.

Brigitte SENECAL LEVASSEUR

Expatriate Services Adviser – Société des Pétroles SHELL

(Source : comité éditorial Verspieren benefits, Experts de la protection sociale à l’étranger)