Nadine GUIBERT, Directeur Général Adjoint, UBIFRANCE

Vous êtes en charge de la Direction VIE chez UBIFRANCE, organisme gestionnaire de la procédure VIE. Quels sont, selon vous, les deux chiffres clés du dispositif VIE six ans après sa création ?

5 000 et 10 000. 5 000 car, nous avons actuellement 5 000 jeunes en VIE (Volontariat International en Entreprise) au sein de filiales, bureaux de représentation ou hébergés chez des distributeurs ou importateurs d’entreprises françaises. Bien que 2/3 de ces jeunes soient en mission dans des grandes entreprises, 63 % des entreprises utilisatrices du dispositif sont des PME réalisant un chiffre d’affaires de moins de 50 millions d’euros. Et 10 000 car il s’agit du nombre de jeunes que le gouvernement souhaite voir en VIE d’ici deux ans en vue d’accompagner le développement des entreprises françaises à l’international ce qui suppose d’adapter encore le dispositif aux attentes des entreprises utilisatrices en particulier les PME.

 

D’un point de vue social, quels sont, d’après vous, les points forts du dispositif VIE ?

L’indemnité de subsistance versée au jeune n’est pas soumise aux cotisations sociales de l’employeur en France ni, dans la très grande majorité des cas, dans le pays d’affectation puisque l’entreprise n’est pas soumise, en vertu du statut public du VIE, à l’obligation d’affiliation au régime de protection sociale local. Par ailleurs, le dispositif de protection sociale, dont la gestion est externalisée auprès du courtier Labalette, est perçu comme positif et rassurant par les jeunes et comprend notamment :

  • Un check-up médical en début et en fin de VIE auprès de praticiens agréés par les autorités françaises ;
  • Une couverture maladie-maternité au 1er € aux frais réels à l’étranger permettant de couvrir également des ayant-droits (conjoint et enfants à charge au sens de la Sécurité Sociale) et de choisir librement le praticien ainsi que le centre de soins ;
  • Une assistance rapatriement ;
  • La possibilité de se constituer des trimestres pour sa retraite de base sur présentation du certificat d’accomplissement du VIE, ce qui constitue une avancée par rapport au dispositif antérieur de CSN ;
  • La possibilité d’avoir ses droits à indemnisation chômage gelés pendant la mission VIE si le jeune était demandeur d’emploi indemnisé avant le début de mission.

Frédérique DE GRAEVE

Responsable Mouvements Internationaux - Groupe LEGRAND

(Source : comité éditorial Verspieren benefits, Experts de la protection sociale à l’étranger)