Témoignages d’anciens expatriés sur les chocs culturels en terme de management

Le choc culturel dépend d’un certain nombre de facteurs, qui rendront l’expérience plus ou moins intense. C’est aussi une succession de mini-incidents, pouvant heurter les valeurs de l’expatrié et provoquer des situations de malaise. L’expatrié est donc contraint de faire le grand écart entre ses propres valeurs, celles de l’entreprise et les pratiques locales, profondément ancrées dans la culture.

Ainsi, un salarié du secteur des communications expatrié en Inde raconte son désarroi. Il avait offert à son chauffeur une bicyclette pour le remercier de ses bons et loyaux services. Mais, son chauffeur, à qui il exprima sa surprise de ne pas le voir utiliser la bicyclette, lui répondit : « je ne sais pas en faire, j’apprendrai dans une autre vie, elle reste en attendant dans ma maison ».

Ou encore, un expatrié du secteur automobile, demandant à ses distributeurs en Russie de donner les chiffres de prévision de vente de l’année qui lui répondirent : « dites-nous ce que vous pouvez produire, nous vous dirons ce que nous pouvons vendre ». Il se demanda quelle attitude adopter lorsque les services fiscaux russes l’invitèrent à un « bania » (sauna) dans la plus pure tradition d’accueil. Jusqu’où la construction de la relation devait-elle aller ? Pouvait-il refuser l’invitation ?

En outre, une expatriée en Italie, en charge de l’harmonisation des politiques de rémunération pour une entreprise d’électroménager, exprime sa stupeur quand elle découvrit la manière dont les vendeurs étaient parvenus à reporter les ventes sur un seul d’entre eux pour être certains de toucher la prime maximale. Ils ont mis en place un système de répartition interne à leur groupe, en fonction de règles de fonctionnement inconnues de toute personne externe au groupuscule.

Enfin, un autre expatrié à Taiwan, sourceur pour une société de distribution se souvient avoir raté un partenariat. A l’issue d’un déjeuner précédant la signature du contrat, il avait planté ses baguettes à la verticale dans son bol de riz inachevé, ne sachant où les mettre. Ses interlocuteurs l’interprétèrent comme un signe funeste.

L’expatriation entraîne donc des adaptations permanentes à l’interaction, à un nouvel environnement, à un nouveau travail. Les routines sont perturbées et les incidents sont fréquents. Trop d’incidents peuvent mener au choc des cultures, mais au-delà d’un effet négatif, ils constituent le meilleur moyen d’apprendre sur la culture du pays d’accueil.

Nathalie LORRAIN

Itinéraires Interculturels

Brigitte SENECAL LEVASSEUR

Expatriate Services Adviser – SHELL

(Source : comité éditorial Verspieren benefits, Experts de la protection sociale à l’étranger)