Personnalités : Les 10 commandements de l’expatriation

Aymeric Bouthéon, formateur, dirigeant de H-Conseil.com, société de conseil et de formation, a publié en 2014 un ouvrage concernant l’expatriation : « Les 10 commandements de l’expatriation et de la mobilité internationale » (Editions Maxima). Il nous en livre les principaux enseignements.

Quelle est la problématique/thématique principale de votre ouvrage ?

Aymeric Bouthéon : Le livre « Les 10 commandements de l’Expatriation et de la Mobilité Internationale » est un ouvrage transverse. Il est assez généraliste. Il traite de plusieurs thématiques et de plusieurs territoires du point de vue des salariés et des employés.
Il est divisé en 10 chapitres qui sont dix commandements. Cet ouvrage traite l’ensemble de l’expatriation : avant le départ, pendant l’expatriation (problématiques culturelles, de langage) et après l’expatriation (la gestion du retour). Nous avons également un chapitre consacré spécifiquement aux étudiants.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les expatriés français ?
Aymeric Bouthéon : En premier lieu, la principale difficulté est le langage. Même dans les pays anglophones, les Français ont des difficultés à maîtriser la langue locale. Après, il y a tous les problèmes liés à l’adaptation culturelle : rythme de vie, conditions de travail, adaptation à la nourriture locale. De toute façon, même si on prévoit tout le mieux possible avant son départ, il y a toujours des problèmes imprévus : logistiques, climatiques… Etre expatrié c’est savoir s’adapter le mieux possible.

Quels sont les principaux bénéfices de s’expatrier ?
Aymeric Bouthéon : Au niveau professionnel, le fait de s’expatrier est un plus sur un CV. Cela montre une certaine ouverture d’esprit. De plus, le fait de s’expatrier permet aussi de progresser plus vite professionnellement dans certains secteurs. En effet, il est possible dans certains pays d’obtenir plus rapidement un poste à responsabilité que sur le marché français.
Au niveau humain, l’expatriation permet la découverte de soi-même, de passer un cap. L’expatriation change la personne le plus souvent de manière positive.

Quelles sont les difficultés dans la gestion des retours des expatriés ?
Aymeric Bouthéon : Beaucoup de retours se passent très bien ! Mais quand il y a difficultés, elles sont bien souvent d’ordre psychologique. On n’anticipe pas son retour comme son départ. Du coup, on est parfois décontenancé par le changement d’environnement. Par exemple après avoir passé du temps dans un bidonville en Inde, le retour à la civilisation occidentale peut être très perturbant.
Au niveau du travail, le retour de l’expatriation peut parfois être un choc aussi. On passe du statut d’expatrié de l’entreprise à un salarié lambda. Le retour au pays peut aussi parfois s’apparenter à une chute en termes de statut social. Dans le pays d’accueil, l’expatrié peut être une « personnalité » avec certains avantages, et à son retour en France, l’expatrié peut perdre ses privilèges.
A l’heure actuelle, l’expatriation des salariés est une tendance forte, qui progresse d’environ 4% par an depuis 10 ans en France. Ce phénomène ne concerne pas seulement la France, mais tous les pays. Des pays comme l’Espagne ou l’Irlande encore plus touchés par la crise économique ont une accélération de l’expatriation encore plus importante.

Quels sont donc dans votre ouvrage les 10 commandements de l’expatriation que vous présentez ?
Aymeric Bouthéon : Les dix commandements sont les suivants :
• Essayer de comprendre le monde qui nous entoure : connaissance des enjeux, de la situation géopolitique et géostratégique du pays d’accueil
• Motivations : quelles sont les motivations pour partir ? Ne pas partir sur un coup de tête, bien réfléchir et bien peser le pour et le contre
• Les conditions à valider avant de partir : administratives et sociales (rémunération, contrat de travail, avantages)
• Préparation au voyage : se préparer et préparer sa famille le cas échéant
• Ouverte d’esprit : savoir s’ouvrir à une autre culture, se décentrer
• Adaptation réussie : l’importance des premiers temps
• Maîtriser la langue locale : faire des efforts jusqu’à viser le bilinguisme si possible
• Pièges à éviter : gérer l’éloignement, le changement de vie personnelle, respecter la loi et les coutumes locales…
• Profiter des bons côtés : plein de découvertes, du pays, des personnes, de soi…
• Le retour : bien gérer et préparer son retour
• Et un chapitre bonus consacré aux étudiants : optimiser sa période étudiante à l’étranger


Pour finir, quelles conclusions tirez-vous de cet ouvrage pour bien réussir son expatriation ?

Aymeric Bouthéon : Le plus important à dire est que s’expatrier n’est pas une obligation. On peut être très heureux sans s’expatrier que ce soit d’un point de vue professionnel ou personnel. Une expatriation se prépare longtemps à l’avance, on ne part pas du jour au lendemain. L’expatriation est un moment unique, c’est une carte postale à découvrir chaque jour. Pour bien réussir son expatriation, il faut s’intégrer de la culture locale. Ne pas aller à l’étranger en restant fermé sur soi-même. Même au niveau professionnel, l’expatrié ne pourra être efficace qu’en comprenant la culture qui expliquera comment les salariés locaux travaillent.

Comité de Rédaction Verspieren Benefits