Experts : Les principales tendances de l’expatriation des salariés français

Bernadette Fouquet, juriste à l’agence Emploi international (Pôle Emploi Ile-de-France) nous présente les principales tendances de l’expatriation des salariés français.

Nous avons l’impression que les contrats locaux sont de plus en plus importants pour les salariés français travaillant à l’étranger, qu’en pensez-vous ?

Bernadette Fouquet : Effectivement, nous remarquons actuellement une forte augmentation des contrats locaux qui avant étaient minoritaires. L’expatrié travaille alors avec un contrat soumis au droit local du pays d’accueil. Cela s’explique principalement pour des raisons de fluidité de gestion pour les entreprises. S’il y a rupture du contrat de travail, en général dans un contrat local tout est géré par la société locale, le siège en France ne s’occupe de rien. Le siège n’a pas non plus une obligation de réintégration du salarié en cas de rupture du contrat de travail.
Les autres raisons qui expliquent le succès des contrats locaux sont la crise économique et le fait d’être dans une économie mondialisée. Vu les difficultés économiques, les entreprises ne veulent pas être obligées de réintégrer des expatriés dans leurs équipes.

Quelles solutions sont à disposition des expatriés français en terme de protection sociale ?

Bernadette Fouquet : Alors si le salarié travaille à l’étranger en tant que détaché, il reste affilié à la Sécurité Sociale française. Un salarié détaché est un salarié déjà en poste et envoyé à l’étranger pour une durée limitée et pour le compte de son employeur français. Mais on ne peut, en principe, être détaché que pour une durée de 24 mois maximum. Par contre pour un expatrié classique, cela dépend du pays dans lequel il travaille. Le salarié expatrié est recruté spécialement pour travailler à l’étranger ou est envoyé à l’étranger pour une durée indéterminée. Pour ceux qui s’expatrient au sein de l’Espace Economique Européen (EEE) ou dans l’un des pays ayant signé une convention de Sécurité Sociale avec la France, l’équation est assez simple. Dans la mesure où les français paient des cotisations sociales, ils bénéficient d’une égalité de protection sociale avec les nationaux du pays où ils exercent leur activité.
Par contre, si le salarié travaille dans un pays qui n’est pas lié par une convention à la France alors il devra cotiser à la Caisse des Français de l’Etranger ou à une autre assurance privée pour conserver sa protection sociale.
L’expatrié pourra être aidé par son entreprise pour payer ses cotisations ou alors il devra tout payer par lui-même.

Actuellement, quels pays sont privilégiés pour l’accueil d’expatriés français en terme d’opportunités de carrières ?

Bernadette Fouquet : Les expatriés français privilégient l’Europe en premier lieu. Les pays où ils s’expatrient le plus sont l’Allemagne, la Belgique ou le Royaume-Uni.
Les expatriés privilégient ces pays à la fois pour les opportunités de carrière et pour les salaires attractifs.

Le fait de s’expatrier pour les salariés français est-il avantageux au niveau financier ?

Bernadette Fouquet : Je dirais de moins en moins. Les expatriés ont des frais importants quand ils travaillent à l’étranger. Pour les cadres, ils veulent inscrire leurs enfants dans les lycées français où les frais sont élevés. Ils désirent également garder le même niveau qu’en France en terme de régime de retraite, les cotisations à verser sont donc assez élevées. Pour toutes ces raisons, s’expatrier à l’étranger n’est pas forcément synonyme de niveau de vie très largement supérieur à la France.

Comment est géré le retour de l’expatrié en France ?

Bernadette Fouquet : Si le salarié, était détaché alors il retrouvera son emploi à son retour en France. Pareil s’il est expatrié et qu’une clause de réintégration figure dans le contrat de travail. Par contre s’il est en contrat local, il n’a aucune assurance de retrouver un emploi à son retour. Au niveau de l’accompagnement des expatriés qui reviennent en France proposé par les entreprises, cela est à voir au cas par cas. Certaines entreprises proposent une aide pour organiser le déménagement ou des formations au retour en France, voire un coaching, mais ce sont surtout des grands groupes, ce n’est pas une généralité.

Rédaction Verspieren benefits