Paroles d’expatriés : les difficultés du retour en France

L’expatriation est très souvent une expérience très enrichissante, mais le retour est parfois très difficile. C’est pourquoi, il est primordial de bien préparer son retour pour anticiper les difficultés. L’expatrié au retour est étranger dans son propre pays. En réalité, ce n’est pas la France qui a changé pendant ses années au bout du monde. C’est lui-même et sa manière de décrypter le monde. Identifier ses nouveaux besoins et les moyens pour les satisfaire permet de bien vivre le retour. Une étape souvent négligée. Conséquence : de nombreux expatriés ont la tentation de repartir vite, où que ce soit. De retour d’Amérique du sud, Benoît se sent incompris : « Je sens que je dérange partout. J’ai trop changé pour rester ici. J’ai repéré deux opportunités : à New York et aux Pays-Bas« .

L’une des difficultés de l’expatrié est le retour à la banalité. Jean Pautrot, expert du retour explique : « Le retour c’est l’expérience de la solitude et de l’incompréhension. A l’étranger, l’expatrié reste étrange, il suscite donc l’intérêt de ceux qui l’accueillent. Au retour, il se banalise et ressent de l’indifférence qu’il interprète comme du rejet. L’expatrié se sent exclu comme un « ancien combattant » ».

C’est pourquoi pour bien réussir son retour, l’expatrié doit se construire un projet sur mesure. Il doit prendre en main son retour et identifier le poste qui lui correspondra. En réalité, c’est à lui de se « marketer » sur le marché français. L’expatrié à son retour doit communiquer sur sa valeur ajoutée. Les compétences acquises à l’étranger sont précieuses : capacité d’innover, compétences interculturelles, conduite du changement, etc. Pour beaucoup néanmoins, elles semblent intransférables et intransmissibles dans le contexte français. Pour le collaborateur de retour au siège, comme pour le travailleur indépendant en carrière nomade, un défi : recadrer son expérience et ses compétences acquises à l’international.

L’une des précautions que l’expatrié doit prendre à son retour en France est d’éviter l’arrogance envers les personnes qui n’ont pas quitté la France ou le mutisme envers l’environnement français. Bien entendu, aucune de ces attitudes n’est efficiente pour la réussite du retour. Le succès d’un retour d’expatriation se situe donc entre ces deux attitudes.

Le retour de l’expatriation est vu différemment par la génération Y (personnes nées entre les années 80 et le début des années 2000). Les Y portent un regard différent sur le retour. Et le vivent différemment. Le départ et le retour sont autant « d’outils » pour servir un projet personnel et professionnel. Beaucoup d’expatriés de la génération Y « voyagent légers », sans conjoint, ni enfants. Leurs liens en France et à l’étranger sont plus nombreux et plus faibles en intensité que chez les X. Pour autant, bien sûr, des zones d’inconfort existent au retour comme l’inconfort financier Pour de nombreux Y, c’est le retour chez les parents. Ce qui s’avère extrêmement inconfortable pour des personnes ayant prouvé leur autonomie à l’étranger. C’est une atteinte au leadership personnel avec un impact direct sur le leadership professionnel. « Aujourd’hui je me sens dans un vrai inconfort sur le plan financier. Je loge chez mes parents et n’ai pas de revenus. Tous les jours mes parents me mettent la pression pour savoir où en sont mes démarches de recherche d’emploi« .

Le retour de l’expatriation peut donc parfois être douloureux. Il faut donc se préparer à ses difficultés et les anticiper en s’adaptant au plus vite à sa nouvelle vie.

Source : Le Petitjournal.com
Comité de rédaction Verspieren Benefits