Experts : Portrait robot des expatriés Français

De plus en plus de Français partent à l’étranger. Ils seraient aujourd’hui plus de 2 millions dans le monde. Selon la Maison des Français de l’étranger, qui les interroge chaque année sur son site Internet, la majorité des expatriés aurait moins de 35 ans. 18 % de cette population travaille pour la filiale d’une entreprise française. Un tiers est cadre, 24,6 % fonctionnaires, 9,4 % en profession libérale, 5,8 % chefs d’entreprise.

Nous remarquons notamment que de plus en plus de jeunes diplômés fuient notre pays à cause du taux de chômage qui augmente. Ils profitent notamment de deux innovations : le Volontariat international en entreprise qui permet à des jeunes de moins de 28 ans d’effectuer un travail à l’étranger pour une durée de six à vingt-quatre mois, travail rémunéré de 2 200 à 3 200 euros par mois ; et le Visa Vacances-Travail, qui permet aux 18-30 ans de tenter leur chance pendant un an dans le pays de leur choix. Et finalement, après la période de travail terminée, ils sont de plus en plus nombreux à rester dans leur pays d’accueil.

A cause de la situation économique actuelle (croissance faible, chômage qui augmente), les Français n’ont pas le moral. Selon l’agence W&Cie, le pays serait en dépression collective. Les Français parlent de désillusion, de lassitude et de fatigue morale et 38 % des personnes interrogées déclarent qu’elles voudraient quitter la France pour vivre dans un autre pays. « Mais contrairement aux idées reçues, on se rend compte que ce sont les gens modestes qui veulent s’expatrier, pas la France du CAC 40 », précise le responsable de W&Cie.

Les Français ne semblent plus supporter la mentalité du pays. On ne sait plus si on prendra sa retraite à 65 ou 70 ans, répètent les uns. Gagner de l’argent est mal vu, constatent les autres. Dès que quelqu’un sort du rang, il suscite l’envie et la jalousie.
Les Français sont par exemple de plus en plus nombreux en Grande-Bretagne : 300 000. Comme l’explique Clément Bresard-Billet, jeune consultant en management qui travaille à Paris, “En Grande-Bretagne, vous avez la possibilité de changer, dit Bresard-Billet. En France, une fois que vous avez choisi une paire de chaussures, vous devez les porter toute votre vie.”

L’un des problèmes de la France semble être aussi les difficultés qu’ont les auto-entrepreneurs pour réussir. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que les créateurs d’entreprise hors de France aient doublé en dix ans ; que, d’après le ministère des Affaires étrangères, depuis 2005, les Français expatriés ont de moins en moins envie de rentrer en France, le « jamais » étant désormais prononcé par près de 40 % d’entre eux. Quand on demande à ceux-ci : quel changement majeur en France pourrait motiver votre retour ? La majorité répond : un changement de mentalité.

Mais où s’installent en priorité les expatriés ? 32 % restent en Europe occidentale, 25 % en Asie, et 21 % aux USA et au Canada. Quand on les interroge, dans leurs pays d’adoption respectifs, sur ce qui va mieux qu’en France, ils répondent quasi unanimement : niveau de vie et pouvoir d’achat, suivis par une fiscalité plus attrayante et une convivialité plus ouverte. Quant à ce qui va moins bien, ils citent les soins, la vie culturelle et les transports.
En résumé, les Français semblent lassés par les difficultés économiques de la France et par la mentalité française. Ils préfèrent tout quitter pour un pays où ils auront plus de chance de réussir et de s’épanouir professionnellement et personnellement.

Source : Atlantico.fr

Comité de rédaction Verspieren Benefits