Experts : Les captives d’assurance

Entretien avec Alain Faignot:

Alain Faignot : Les captives sont des structures d’assurance, créées par les entreprises, avec toutes les obligations d’une compagnie d’assurance.

Jean-Luc Gambey : Quel est l’intérêt pour une entreprise de créer une captive d’assurance ?
Alain Faignot : L’entreprise se dit, je contrôle mes risques. Je sais quotidiennement où j’en suis, entre mes primes, ce que je dépense pour couvrir mon risque et mes sinistres. Très souvent, les entreprises qui veulent une captive d’assurance font appel à un assureur pour les aider à monter leur captive. Axa a créé quelques captives. Il y a des grandes entreprises qui ont leur propre captive comme Danone.
Une captive d’assurance est une structure à 100% de la marque. Cela permet aux entreprises de remonter les dividendes, de placer certains risques dans des pays intéressants. Cela permet aussi aux entreprises de s’assurer quand un assureur est « frileux » et ne veut pas les couvrir. Mais les entreprises ne se rendent pas compte que gérer une captive est un vrai métier. Nous avons des clients qui possède une captive, mais celle-ci est une captive dont 50% du capital est détenu par une compagnie d’assurance.
Un jour, un Risk Manager d’un client m’affirme : « Je sais au jour le jour où j’en suis ». Cette affirmation est infondée car ce client ne gérant pas les sinistres, il ne connaît pas les sinistres en cours, les non déclarés,… . Donc à la fin de l’année tout le monde se trompe sur les prévisions techniques des risques. Voilà un des risques de la captive.
Beaucoup de clients veulent créer une captive, mais il faut un groupe de très grande taille. Un contre exemple, LVMH a les moyens de faire une captive, mais préfère travailler avec les assureurs. Une captive peut-être intéressante pour certaines entreprises, mais pour que cela soit pertinent, il faut un volume de primes très significatif.

Jean-Luc Gambey : Il y a t-il des exemples d’échecs de captive ?

Alain Faignot : Oui. 7 captives de grands groupes sur les 5 dernières années ont rebasculé chez l’assureur.

Jean-Luc Gambey : Quel serait votre conseil ?

Alain Faignot : Pourquoi ne pas mettre en place une captive d’assurance quand vous avez une activité internationale et un volume de primes très significatif sur des pays assez volatiles ?
Cependant, récemment, une grande entreprise avait essayé de mettre en place une captive, mais elle a dû arrêter car les primes n’étaient pas assez importantes. Les entreprises sont tentées car elles ne voient que le côté positif « je vais maîtriser mon risque », ce qui est d’ailleurs faux !
En ce qui nous concerne, nous voyons nos clients, 2 à 3 fois par an. En juillet de chaque année, nous présentons l’intégralité des comptes de l’année précédente. Nos clients voudraient avoir leurs résultats en Mars, mais cela n’est pas possible à cause des « queues » de sinistres. Donc, nous faisons le point en Juillet pour d’éventuelles actions pour l’exercice suivant. Si l’entreprise passe par un courtier, elle bénéficie d’un cycle de 24 mois qui est très avantageux, alors que la captive, elle, doit agir immédiatement car elle porte le risque financier.

Jean-Luc Gambey : La crise économique a t’elle un rôle dans le développement des captives ?

Alain Faignot : Oui car les entreprises pensent que cela va leur coûter moins cher.
Ce n’est pas un bon argument. Le courtier fait un vrai métier, il défend l’intérêt de ses clients. Si le courtier ne convient pas, il faut changer, mais aller négocier directement avec l’assureur, ce n’est pas évident du tout.

Comité de rédaction Verspieren Benefits